Courir ou pédaler à Toulon : décryptage des spots, des équipements et des défis locaux

4 septembre 2025

cofstoulon.fr

Pistes cyclables et voies vertes : état des lieux d’un réseau en mutation

Commençons par observer la cartographie des pistes cyclables toulonnaises. Toulon n’a pas toujours eu la réputation d’être "bike friendly", mais la dynamique a changé depuis le Plan Vélo 2020/2026 lancé par la Métropole Toulon Provence Méditerranée (source : TPM.fr). Objectif affiché : 130 km de liaisons douces d’ici 2026 (contre 60 km en 2021).

  • La voie verte Toulon – La Seyne-sur-Mer : un des rares vrais axes sécurisés, 7 km reliant la vieille gare de Toulon à La Seyne. Idéale pour les cyclistes urbains et les sorties familiales.
  • L’avenue de la Résistance : réaménagée récemment, elle offre désormais un axe nord-sud protégé très apprécié matin et soir.
  • Le littoral : le parcours du Mourillon jusqu’à la plage de la Mitre mêle trottoirs partagés et portions cyclables, mais reste trop souvent promu comme "cyclable" alors que la cohabitation avec les piétons est parfois tendue (surtout l’été !).

Point noir : le réseau reste morcelé, et l’interconnexion entre les itinéraires n’est pas encore au niveau des grandes villes françaises. Selon les chiffres de la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette), Toulon stagne autour de 2% de part modale vélo, contre 9% à Bordeaux ou Strasbourg ! L’investissement monte en puissance, mais patience requise.

Où courir à Toulon ? Espaces naturels vs. site urbain

Toulon est une ville paradoxale pour les coureurs : entre mer et montagne, elle offre des spots variés mais… pas toujours connectés par des voies dédiées !

  • Le Mourillon et ses plages : stretching sur le sable, footing au lever du soleil, circuit plat idéal pour reprendre la course ou fractionner sans coup de barre. En prime, pause baignade !
  • Mont Faron : fameuse montée cycliste, mais aussi terrain de jeu épique pour le trail. Le sentier du téléphérique, ou la montée par le chemin du Fort, testent les mollets et les poumons… et offrent une vue imprenable sur la rade.
  • Stade Delaune (quartier Pont du Las) : pour ceux qui aiment les tours de piste, cet équipement municipal (400 m homologués) est ouvert au public hors créneaux clubs. Idéal pour bosser sa VMA.
  • Parc des Lices et Jardin Alexandre Ier : pour les runs « urbains verts » ou les sessions d’exercices de renforcement.

Anecdote locale : la Course du Faron, plus ancienne épreuve de trail urbain du Sud-Est, réunit chaque année près de 1000 mordus venus tester le relief toulonnais (source : Var Matin).

Clubs, associations et événements : l’émulation locale

L’offre associative joue un rôle moteur dans l’animation du territoire pour coureurs et cyclistes :

  • La Toulon Var Triathlon : référence régionale qui organise des sorties tout niveau, des entraînements collectifs, et le fameux triathlon de Toulon qui occupe toute la corniche du Mourillon chaque printemps.
  • TOC Cyclisme : club historique du centre-ville, il accompagne aussi bien les sorties loisirs que la préparation de cyclosportives ou d'événements fédéraux (source : TOC Cyclisme).
  • Toulon Marche Nordique et Les Foulées Toulonnaises : deux associations très actives parmi les runners, proposant sessions d’initiation gratuites et formats "challenge".

Evénements à ne pas rater : la Toulon Urban Trail (avril), la Varoise (course caritative à la rentrée) et la Ronde Cycliste du Faron (août). Autant de moments pour tester ses limites ou simplement sortir de sa routine.

Infrastructures sportives en accès libre ou réglementé

Les aficionados du chrono et de la performance ne sont pas laissés de côté, et plusieurs équipements méritent d’être signalés :

  1. Piste d’athlétisme du stade Léo Lagrange : Maison historique du sport toulonnais (15 000 places), sa piste est ouverte au public à horaires réguliers, sauf les samedis après-midi et pendant les compétitions officielles.
  2. Aires d’exercice en plein air : la ville a complété son offre ces dernières années avec de nombreux « fitness parks » gratuits (plages du Mourillon, parc de la Tour Royale, place d’Armes).
  3. Parc de la Tour Royale : cadre magnifique pour courir, marcher ou profiter de son circuit santé.

Certaines installations sont payantes (salle de musculation municipale, location VTT auprès des maisons des sports) mais l’accès libre reste la norme sur beaucoup de parcours.

Location, réparations et vélo en libre-service : le côté pratique

Que faire quand on ne possède pas son vélo ? Toulon a mis en place deux dispositifs pour démocratiser la pratique et limiter l’usage de la voiture :

  • VéloMouv’ (service de location longue durée de TPM) : possibilité de louer un vélo classique ou électrique à partir de 10€/mois pour les étudiants, 21€/mois pour les autres (source : TPM.fr).
  • Vélos en Libre-Service (VLS) : système déployé depuis 2023, avec 23 stations implantées. 250 vélos classiques et électriques en circulation selon la Mairie. Bonne alternative pour des trajets courts, attention cependant aux stationnements, parfois insuffisants en centre-ville.
  • Ateliers de réparation associatifs : « La Petite Rustine » propose des permanences pour apprendre à entretenir ou réparer vous-même votre vélo, et le coût est libre !

Le VLS peine encore à trouver son public faute d’une véritable culture vélo de masse, mais l’offre progresse année après année.

Sécurité et accessibilité : progrès, mais peut mieux faire !

Point essentiel pour les usagers : la sécurité du réseau. À Toulon, on note une hausse régulière des aménagements protégés, mais seulement 21% des pistes sont complètement séparées de la circulation en 2023 (source : Baromètre Parlons Vélo).

Par ailleurs, Toulon souffre d’un dénivelé prononcé (Mont Faron à 584 m, descentes raides sur certains axes), ce qui peut refroidir les novices. Côté accessibilité, la corniche du Mourillon est un modèle d'aménagement, mais de nombreux quartiers nord et ouest restent sous-équipés.

  • Absence de sas vélo à certains feux stratégiques
  • Chemins de traverse accidentés et parfois peu éclairés
  • Manque de signalétique claire sur les parcours mixtes (coureurs/piétons/cyclistes)

Les prochaines tranches de travaux (notamment sur l’axe Toulon–La Garde et Toulon–Hyères) promettent d’améliorer cette lisibilité et la cohérence du maillage.

Le Mont Faron et sa légende : haut-lieu des défis sportifs

Un focus s’impose sur le Mont Faron, emblème sportif local. Côté vélo, la montée du Faron (5,5 km, 491 m de dénivelé positif) est un passage mythique, testée chaque année par les participants de la "Ronde du Faron" et, autrefois, par les coureurs du Paris-Nice (dernier passage chronométré en 2007, source : L’Équipe).

Côté running ou trail, la variété des sentiers (sentier des Douaniers, boucle des Crêtes) attire aussi bien les amateurs que les pros en préparation. Attention cependant, sentiers parfois techniques et réputés pour leur raideur : la prudence est de mise, surtout lors des fortes chaleurs.

Initiatives, perspectives et nouveautés attendues

Toulon veut accélérer ! Plusieurs initiatives locales sont en phase pilote ou sur le point d’être généralisées :

  • Installation de compteurs vélo (avenue de la République dès 2024) pour objectiver les flux et mieux adapter la politique d’aménagement (source : TPM.fr).
  • Bornes de réparation express déployées sur cinq axes majeurs, accessibles 24h/24 (clé Allen, pompe, mini-outils…)
  • 7 nouveaux km de voies douces prévus dans le plan 2024/25, priorité quartiers est et interconnexion gare SNCF/Téléphérique du Faron.

A noter : un appel à projets a été lancé pour accueillir d’ici 2025 un nouveau « pumptrack » (piste modulable pour VTT, BMX et draisiennes) dans l’agglomération, éventuellement près du campus universitaire (source : Toulon Sport Magazine).

Bilan : une ville qui accélère, mais qui doit encore convaincre

Entre mer et montagne, Toulon tire parti de son relief pour séduire sportifs urbains et amoureux de la nature. Les infrastructures évoluent vite, les événements s’internationalisent, la métropole investit… mais le maillage, la sécurité et l’accessibilité restent encore en chantier, surtout hors des grands axes et au nord de la ville. Si la passion sportive toulonnaise fait souvent la différence, c’est aussi grâce à une intelligence collective — celle des clubs, des associations, des bénévoles — qui compense les manques matériels.

Courir ou pédaler à Toulon, c’est aujourd’hui possible pour tous, avec ou sans matériel, en solo ou en collectif. Mais demain ? Si la métropole tient ses promesses, la rade pourrait bien devenir un modèle du genre, entre Méditerranée et Pinèdes. La dynamique est lancée : ne reste qu’à enfiler vos baskets, gonfler vos pneus… et vérifier l’état du vent. À Toulon, il compte aussi dans la performance !

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