Impact immédiat : pollution et dérangement
Hydrocarbures, antifouling, microfibres : la mer trinque
Première préoccupation, le carburant. Un bateau à moteur classique de 8 mètres consomme en moyenne 20 litres à l’heure. Et une partie de ces hydrocarbures finit toujours dans l’eau, volontairement (vidanges sauvages) ou lors d’accidents (Source : IFREMER). S’y ajoutent huiles, solvants, détergents de nettoyage, et même microplastiques libérés lors des frottements des coques.
Et que dire des peintures antifouling, appliquées en couches régulières pour éviter la prolifération d’algues sur les coques ? Ces substances – souvent à base de cuivre ou de zinc – sont lessivées dans l’eau puis s’incrustent dans la chaîne alimentaire des animaux marins (ANSES).
- Jusqu’à 50% des antifoulings utilisés sur une saison sont relargués dans l’environnement (Étude Université Aix-Marseille, 2022).
- Un port de plaisance produit, chaque saison, près de 25 tonnes de déchets dangereux (huiles, solvants, restes de peintures, batteries, etc. - Source : ADEME).
- Les microfibres issues des vêtements techniques, en particulier lors du lavage embarqué, contaminent toute la zone littorale (Surfrider Foundation Europe).
Bruit sous-marin : l’invisible pollution
C’est la pollution qui ne se voit pas, mais qui tape fort. Les moteurs des bateaux, jet-skis, semi-rigides et ferries engendrent un bruit sous-marin intense : on l’estime à +20 à +30 décibels dans la rade de Toulon lors des pics de fréquentation estivale (Source : Coordonnateurs du Réseau d’Observation du Milieu Marin méditerranéen, 2022). Plusieurs études pointent un impact direct sur les dauphins, les grands poissons, voire les céphalopodes : désorientation, comportement de fuite, stress qui réduit (voire stoppe) la reproduction (Nature, 2022).
La rade de Toulon héberge régulièrement des groupes de dauphins de Risso, des tursiops et même occasionnellement des globicéphales. Tous sont sensibles à cette pollution invisible.