Randonner sur le mont Faron : itinéraires, dénivelés et points de vue
Le mont Faron forme la montagne la plus visible du paysage toulonnais. Sa crête s’élève à environ 584 mètres selon les repères cartographiques de l’Institut national...
Parmi tous les clubs de rugby français, le Rugby Club Toulonnais (RCT) a toujours cultivé sa différence. Bien au-delà de la rade, son nom rime avec ferveur populaire, stades bouillants et victoires flamboyantes. Mais réduire le RCT à sa passion et à ses supporteurs serait une erreur : au fil des décennies, il a influencé en profondeur le jeu, l’organisation et même l’image du rugby français… et international. Retour sur une “ovalisation” à la sauce toulonnaise.
Jusque dans les années 2000, le rugby français avançait souvent sur deux jambes : d’un côté la tradition du “jeu à la française”, mouvement, relance et imprévisibilité; de l’autre, l’âpreté physique du rugby de clocher. Toulon, longtemps réputé pour son “paquet d’avants” robuste, a systématiquement misé sur un rugby physique, tranchant, mais aussi spectaculaire.
En 2013-2014 notamment, le RCT aligne presque 4 essais par match en Top 14 et en Champions Cup (statistiques EPCR, Top 14, Rugbyrama). Cette "double identité", alliant la rudesse de l’avant à la virtuosité des arrière, sera reprise et copiée par de nombreux clubs du Top 14.
C’est LE bouleversement qui a redessiné le paysage du rugby français. À partir de 2009-2010, avec Mourad Boudjellal à la présidence, le RCT va déclencher une révolution : recruter, comme au Real Madrid des galactiques, les meilleures stars mondiales pour construire une équipe cosmopolite.
Cet afflux de stars a trois conséquences majeures :
L’effet Wilkinson, ce n’est pas qu’un style ; c’est une révolution de fond. En se plaçant comme un stratège à la charnière du jeu, Wilkinson imbrique la défense individuelle (plaquages bas, montées rapides en ligne) à une gestion tactique “à l’anglaise” : occupation du terrain, pénalités chirurgicales, gestion des temps faibles. Toulon, qui fut longtemps un club tout en panache, devient aussi un modèle d’intelligence tactique :
Autre dimension : la fusion entre le club et son public. Bien avant la mode des supporters en tribunes, Mayol cultive depuis les années 1950 une ferveur unique - poussée à son paroxysme lors des grandes années européennes. Le “Pilou-Pilou”, ce cri tribal lancé avant chaque match, est repris, copié, admiré : il explose dans les stades français et fait entrer la culture rugby dans une nouvelle ère, celle de l’événementiel et du spectacle total.
Les clubs se sont mis à intégrer de plus en plus les passions de leurs fans, parfois même dans le recrutement des joueurs ou le développement des boutiques officielles.
L’arrivée de Mourad Boudjellal n’a pas seulement eu un impact sur le recrutement. Elle a transformé le club en une véritable entreprise de spectacles sportifs. Le modèle économique du RCT inspire ensuite le rugby français :
Ce modèle, à mi-chemin entre l’entreprise de spectacle et la start-up sportive, influence directement la stratégie de clubs comme le Stade Français Paris (ère Savare), le Racing 92 et, plus récemment, l’Aviron Bayonnais ou le Stade Rochelais.
Longtemps perçu comme un club de “vieilles gloires” ou de stars importées, le RCT commence à réinvestir la jeunesse locale et la transmission : résultats visibles dès la fin de la décennie 2010.
Cette hybridation gagne ensuite le rugby français : la majorité des clubs, ayant copié le modèle star-system, cherchent ensuite à construire une formation locale solide, tout en gardant une attractivité pour les grands noms. Un équilibre complexe, que Toulon expérimente, parfois dans la douleur, mais qui constitue aujourd’hui le socle du rugby pro.
L’influence du RCT n’est pas exempte de critiques. Les voix s’élèvent régulièrement contre la « galactisation » du rugby qui aurait, selon certains, fait baisser la place des jeunes locaux (Lire : “La révolution Boudjellal a-t-elle tué l’âme toulonnaise ?” — Le Monde, 2017). D’autres soulignent que la surenchère financière imposée par Toulon a conduit à la fuite des jeunes talents dans les divisions inférieures ou à l’étranger. Le défi actuel est donc clair : concilier héritage populaire, exigence de résultats et responsabilité vis-à-vis de la formation. Le départ de Mourad Boudjellal en 2020 a ouvert une nouvelle page, peut-être plus équilibrée, où l’incroyable héritage du “Grand RCT” continue néanmoins de dicter l’agenda rugbystique français… et d’inspirer, souvent, la planète ovale !
Toulon a dépassé le simple rôle de club à succès pour devenir une référence, un cas d’école du rugby moderne. Sa capacité à réinventer le jeu, à fédérer une ville, à attirer les stars mondiales et à inventer le spectacle “total” a transformé autant le Top 14 que la perception du rugby à l’international. Loin d’être figé, son modèle évolue, questionne, se remet en cause. Il reste le plus bel ambassadeur de ce que le sport, à Toulon comme ailleurs, doit sans cesse : innover, partager et inspirer.