Spotlights sous-marins : les meilleurs sites pour découvrir la faune marine en plongée à Toulon

9 août 2025

cofstoulon.fr

Pourquoi la rade de Toulon attire autant les “plongeurs-faune” ?

Première surprise : la rade de Toulon et ses abords abritent une biodiversité croisée nulle part ailleurs sur la Côte d’Azur. Confluence entre eaux profondes et courants remontants du large, elle bénéficie de zones protégées – roches, posidonies, tombants, épaves – faisant la joie des poissons et des photographes sous-marins. D’après le Parc national de Port-Cros, plus de 600 espèces animales sont recensées sur ce bout de Méditerranée entre Giens et Cap Sicié, dont 180 rien que pour les poissons [Guide biodiversité Mer Méditerranée] :

  • Dorades, sars mêlés aux mystérieux dentis
  • Gorgones multicolores, poulpes futés et murènes en embuscade
  • Nudibranches arc-en-ciel pour celles et ceux qui n’ont pas peur de coller le nez dans les rochers
  • Ballets de barracudas ou bonites de passage, parfois une raie si la chance sourit
Ajoutez bottes de posidonies et forêts de corail, une vigilance accrue des clubs toulonnais sur l’écologie, et les bases sont posées pour un spectacle permanent, du néophyte à l’expert muni de son macro-objectif.

Cap Sicié et Les Deux Frères : temple toulonnais de la biodiversité sous-marine

Cap Sicié côté faune : un classique immortel

Vertigineuse falaise culminant à plus de 350m, le Cap Sicié plonge littéralement dans la mer. C’est l’un des spots les plus prisés pour la faune, consacré par la revue Actu-Environnement comme “havre de vie sous-marine menacé mais d’exception” :

  • Nombreuses grottes et surplombs : cachettes rêvées pour les congres (observés parfois jusqu’à 2 m !), murènes et langoustes.
  • Passages réguliers de bancs de barracudas, surtout lors des remontées printanières.
  • Spectaculaire flore fixée : gorgones jaunes et rouges, anémones bijou et, pour les plus affûtés, des hippocampes (Hippocampus guttulatus, espèce protégée) dans les zones peu profondes.
La baignade et la plongée sur “les Jardins de Sicié” sont accessibles via plusieurs clubs de la Seyne-sur-Mer et de Six-Fours-les-Plages, proposant sorties à la demi-journée.

Les Deux Frères : emblème et réserve vivante

Émergent à quelques encablures du Cap Brun, ces deux rochers jumeaux sont pointés dans tous les guides de plongée spécialisés (Plongée.com). Particularité :

  • Une zone de courant modéré, idéale pour la fixation de corail rouge, gorgones et éponges rares, habitat de choix pour les poissons-lunes et saint-pierre.
  • Ballet constant de sars tambours et méduses “œuf au plat” (Cotylorhiza tuberculata) à observer l’été, sans danger pour l’humain.
  • En plongée de nuit, observation fréquente de crustacés gris-clair (galathée, homards juvéniles).
Un cliché qui écarte l'idée que la Méditerranée manquerait de couleurs !

Les Épaves toulonnaises : havres pour la faune endémique (et les amateurs de frissons)

Moins visibles en surface, les épaves de la rade sont des véritables nurseries pour poissons et abris insoupçonnés pour les invertébrés. Sur la dizaine d’épaves “accessibles loisir” entre Toulon et la presqu'île de Giens, certaines sont mondialement réputées [Ville de Toulon - Épaves de la rade] :

  • Le Donator (proche Porquerolles) : À 52 m de profondeur pour la proue, connu pour ses nuées d’anthias violets, dentis en chasse et bancs de barracudas. Accessible niveau 2 seulement.
  • Le Grec (Sagona) : Autour de 40 m, abrite barracudas résidents, congres et murènes. Fond tapissé de spirographes, vers tubicoles colorés, et fréquentations régulières de raies pastenagues.
  • L’Epave de l’Arroyo : Le repaire des castagnoles, sars et daurades royales. L’un des rares épaves accessibles dès le niveau 1, point de passage aussi pour tortues de mer en été (observation rare et soumise à chance).

On compte huit espèces protégées recensées régulièrement près des épaves entre Toulon et Hyères, dont la grande nacre (Pinna nobilis, aujourd’hui en danger critique d’extinction : Observatoire-Faune-Méditerranée). Les clubs locaux insistent sur le « no touch », car toute cette biodiversité reste fragile voire vulnérable (érosion, pollution, fréquentation).

La Presqu’île de Giens et Porquerolles : le must de la faune en liberté

Entre Port-Cros et Giens : couloirs à poissons !

Impossible de taire les spots proches du Parc National de Port-Cros (créé en 1963, plus ancien parc marin européen, Port-Cros Parc National). On ne dénombre plus les vidéos “auberge espagnole sous-marine” où sar tambours, loups et mérous bruns s’invitent sous le masque. Voici les plus prometteurs côté Toulon :

  • Sec du Langoustier : Près du célèbre “phare du même nom”, à la jonction des eaux profondes et des prairies de posidonie. Mérous, grandes mostelles et pagres (sparidés argentés majestueux), nageant au-dessus de tapis d’anémones colorées.
  • Arche de la Fourmigue : Spot photogénique : gorgones, dentis, murènes et passages de daurades coryphènes (espèce pélagique rare en Méditerranée).
  • Pointe de Rabat : Zone moins fréquentée. Petits hippocampes, syngnathes, turbots, et rassemblement saisonnier de seiches (saison : mars/avril).

Petit bonus pour les apnéistes : les célèbres “roches rouges” de Porquerolles, abritant des populations stables de doris dalmatiens et limaces de mer psychédéliques, stars des clubs de bio subaquatique.

Plongée urbaine : faune et surprises en ville (Toulon et Mourillon)

Loin des clichés de “plage béton”, la côte toulonnaise en centre-ville réserve des safaris inattendus. Depuis le Mourillon ou la plage du Lido, même sans bouteille, les nageurs curieux croisent à portée de palmes :

  • Poulpes, petits labres et blennies dans les rochers du bord le matin.
  • Quelques hippocampes et syngnathes, plus visibles sur les herbiers du Mourillon à la belle saison.
  • Bancs de muges, saupes, bogues entre les quais et les digues.

Les initiatives de “plongée citoyenne” se multiplient, avec des sorties éco-conçues pour sensibiliser à l’environnement marin (voir Mare Vivant Toulon). Mention spéciale aux opérations “Nettoyons le port !” où plongeurs et apnéistes ramassent déchets et microplastiques, tout en croisant parfois… une tortue caouanne en escale !

Quand, comment, avec qui ? Conseils pour une plongée faune réussie à Toulon

Périodes phares pour les amoureux de vie marine

  • Mai à octobre : Température idéale (eau à 20-24°C), visibilité supérieure à 15 m (Source : MeteoFrance et ONF Toulon).
  • Août-septembre : Affluence maximale, mais aussi concentrations record de faune (nuées de juveniles, migration estivale de barracudas).
  • Mars-avril : Pour les ballets de seiches et reproduction des décroissants (nudibranches exceptionnels).

Clubs et guides à privilégier

  • Préférer les clubs labellisés FFESSM, ANMP ou ceux certifiés “ÉcoPlongée”
  • Demander systématiquement des informations sur les espèces protégées et la charte « code du plongeur responsable »
  • Certains clubs proposent de la plongée biologique, incluant un guide naturaliste pour optimiser les observations

Attention : la plongée sur épave nécessite au minimum un niveau 2 (voire 3 pour le Donator) et des autorisations parfois spécifiques (zones militaires actives autour de Toulon).

Astuces pour observer sans déranger (et pour rapporter autre chose que des photos floues)

  • Maitriser sa flottabilité : gêner le moins possible, pour éviter d’écraser la posidonie ou d’effrayer la faune.
  • Privilégier le matin tôt ou la fin d’après-midi, moins de monde, plus de rencontres “improbables”.
  • Ne jamais nourrir, toucher ni déloger un animal (dérivation de comportement et pollution invisible !).
  • Pour la photo, s’assurer d’avoir un flash doux, éviter les flashs directs sur hippocampes/murènes.

À noter, la récolte de coquillages ou d’animaux est strictement interdite sur la quasi-totalité du littoral toulonnais. Les contrôles de la Police de l’environnement sont fréquents, car plusieurs espèces (grande nacre, hippocampes) sont en danger critique d’extinction (source : IFREMER, janvier 2024).

Des sentinelles engagées pour demain

Observer la faune marine à Toulon, c’est plonger dans un joyau d’équilibres fragiles où chaque immersion compte. Clubs, parapluie FFESSM, scientifiques bénévoles et associations, tous redoublent d’efforts pour documenter, sensibiliser et protéger : grâce à eux, le nombre d’espèces observables reste stable, malgré la pression humaine (cf. Bilan biodiversité Ifremer-2023). Et si la pression de fréquentation inquiète certains, elle fait aussi bouger lignes et réglementations – pour que, demain, la rade de Toulon mérite toujours son titre de “hotspot” de la faune sous-marine en Méditerranée.

La Méditerranée n’a rien à envier aux lagons tropicaux – pour peu qu’on sache lire ses reliefs, s’adapter à son tempo… et respecter l’immense monde invisible qui prospère à quelques minutes de la plage. N’attendez plus pour vous mouiller, la biodiversité toulonnaise n’aime ni l’attentisme, ni l’indifférence !

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